Paul
GRIMWOOD Traduction : Lieutenant Mathieu
PERRIN, CSP
Lens (SDIS 62) |
SAPEURS-POMPIERS
DE FRANCE
'VENTILATION OPERATIONNELLE'
Paul Grimwood – London Fire Brigade Traduction : Lieutenant Mathieu PERRIN, CSP Lens (SDIS 62) & Sapeur Pompiers Sebastien GRAS, Pierre-Louis LAMBALLAIS & Koen DESMET
C. DUFAYER & Stéphane POYAU - Essonne Fire & Rescue Service - France
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L'auteur PAUL GRIMWOOD a servi comme sapeur-pompier professionnel pendant 30 années, la plupart du temps parmi les sapeurs-pompiers de Londres. Ses 26 années de recherche et de travaux édités ont fortement influencé des revues majeures pour l’approche tactique mondiale de lutte contre l'incendie de contenants. 3D FIREFIGHTING - FLASHOVER & BACKDRAFT TRAINING MANUAL & CD ROM HERE Ce site a pour vocation d'être un point de rencontres, de discussions et d'échanges. Vous y trouverez des articles, des photos, des documents pédagogiques, des plans etc. tandis que le forum vous permettra de poser des questions afin de mieux appréhender ces phénoménes. Important: Afin de pouvoir participer à tous les forums, et être tenu au courant des nouveautés, vous devez vous inscrire!. Cela ne vous prendra que quelques minutes. Ensuite, allez vous présenter dans le forum "Les nouveaux" afin que tout le monde sache qui vous êtes. Au nom de toute l'équipe, merci
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Actions
de ventilation utilisées par les pompiers pour augmenter l’avantage
opérationnel lors d’opérations intérieures de lutte contre
l’incendie. Dans les années 1980, Paul GRIMWOOD a présenté des textes
et articles controversés basés sur ses propres expériences et
recherches opérationnelles alors qu’il était pompier au Royaume-Uni
et aux USA. Ces textes examinaient les pratiques de ventilation opérationnelle
utilisées par les pompiers autour du monde. Son concept de « Ventilation
Opérationnelle » (une expression qu’il introduit et définit
pour la première fois en 1989 dans son livre FOG ATTACK et
d’autres articles dans le magazine britannique FIRE) était
d’encourager une meilleure connaissance de ces pratiques de
ventilation et de ventilation par pression positive qui sont des moyens
plus sûrs et plus efficaces pour les pompiers de ventiler un bâtiment
en feu, tout en portant une attention particulière à l’influence de
l’aéraulique et la formation des gaz de combustion. A la suite
d’une collaboration avec Warrington Fire Research Consultants (FRDG
6/94), sa terminologie et ses concepts sont officiellement adoptés par
les services d’incendie britanniques, et sont désormais inclus dans
les guides de référence du Ministère de l’Intérieur britannique
(1996-97). En 1984 (9/84 - Fire Magazine) il se demanda si les méthodes
américaines de ventilation par le toit devaient être utilisées plus tôt
(lors de l’attaque), et exposa quelques accidents britanniques où la
ventilation aurait pu être utile. Son article de 1985 (10/85 - Fire)
fit réfléchir : il décrivait les conséquences tactiques de la découpe
d’exutoires dans le toit pour évacuer les gaz chauds, et expliquait
les nombreuses options tactiques de création d’ouvertures dans les bâtiments,
ceci rendant les conditions d’intervention plus sûres pour les
pompiers et les occupants bloqués. C’est à ce moment, en 1985,
qu’il aborda et expliqua pour la première fois les bénéfices de la
Ventilation par Pression Positive (VPP). En 1987 (5/87 - Fire) il
demanda au Ministère de l’Intérieur de revoir les stratégies
britanniques et d’initier des recherches sur la ventilation opérationnelle.
En 1988 (12/88 - Fire) il décrivit comment ces tactiques
auraient pu sauver certains grands établissements qui avaient récemment
causé de grosses pertes financières, le manque de ventilation ayant
contribué à ces pertes. Il écrivit « au cours des quatre dernières
années j’ai essayé de sensibiliser les gens et d’initier un débat
sur la ventilation opérationnelle par les pompiers lors de feux de bâtiments »,
et convint que le récent intérêt exprimé par un Chief Fire
Officer (John Craig de Wiltshire) sur la théorie et la pratique de
ventilation opérationnelle était une étape majeure dans sa
reconnaissance nationale. En 1989 il fut personnellement impliqué avec
CFO Craig et la brigade de Wiltshire dans l’écriture de la première
note opérationnelle sur la ventilation opérationnelle et par pression
positive. _________________________________________________________________________ L’une des décisions les plus délicates que doive prendre un chef de groupe ou un chef d’agrès, lors des premières minutes d’un feu de bâtiment, est faut-il ventiler ou pas ? Est-ce la meilleure option de casser cette vitre ? Découper le toit ? Ouvrir les exutoires ? La stratégie de ventiler les bâtiments en feu a été étudiée sous beaucoup d’angles. Aux USA, il est accepté depuis longtemps que l’approche la plus viable pour les pompiers est d’ouvrir le bâtiment durant les premiers instants de l’intervention de manière à réduire la température et améliorer la visibilité pour les pompiers et les occupants bloqués à l’intérieur. C’est aussi considéré comme une méthode de prévention des différentes formes de comportement extrême du feu (exemple : backdraft), de progression rapide du feu, etc. Cela limite également la propagation puisque les gaz chauds transportent le feu dans les combles, gaines et espaces libres. Au
contraire, l’approche européenne a toujours considéré la
ventilation précoce comme une stratégie ne posant que des problèmes.
La vitesse de combustion augmente puisque plus d’air pénètre dans le
bâtiment, et cet effet vient contrer l’effet des lances à bas débit
(Lance sur Dévidoir Tournant 150-200 l/min) qui ont toujours été très
utilisées. La doctrine européenne est souvent basée sur des lances à
bas débit, n’étant alimentées que par la tonne du fourgon incendie,
rapidement déployées dans des bâtiments bien compartimentés.
L’approche américaine doit souvent faire face à une forme plus
rapide et active de propagation du feu, les propriétés ayant de plus
grands compartiments et étant construites en bois. La charge
calorifique des propriétés américaines peut également être plus élevée. Toutefois,
ce qui me parut évident en tant que pompier servant des deux cotés de
l’Atlantique, était que les pompiers américains utilisaient la
ventilation trop souvent, alors que les pompiers européens ne
l’utilisaient pas assez souvent. Mais il est clair que les deux
approches ont eu comme conséquences des décès de pompiers et
d’occupants bloqués. L’introduction
de la Ventilation par Pression Positive (VPP) dans les années 1980
donna les moyens de ventiler un bâtiment en forçant la chaleur, la fumée
et les gaz chauds à se déplacer et à sortir par un point prédéterminé,
laissant place aux pompiers qui progressent. Cette stratégie
d’attaque est encore considérée comme potentiellement « dangereuse »
par beaucoup d’autorités, alors que certains en sont de fervents
supporters. Elle est souvent considérée comme une forme secondaire
de ventilation opérationnelle utilisée dans les zones à effectifs réduits. Dans
les années 1980, les services d’incendie suédois commencèrent à
s’intéresser particulièrement à la dynamique du feu et cherchèrent
comment les différentes méthodes de ventilation affectaient la lutte
contre l’incendie dans les bâtiments. Leur approche attira notre
attention sur le fait que les pompiers ventilaient régulièrement sans
la réflexion ni les connaissances nécessaires sur la façon dont les
gaz de combustion se forment, se déplacent et s’enflamment. Ni sur
les effets et conséquences des actions de ventilation. Il devint désormais
clair que les pompiers devaient parfaitement comprendre et appréhender
le comportement du feu dans un compartiment avant d’entreprendre une
quelconque ventilation. En
général, l’actuelle approche européenne place la stabilisation
des conditions intérieures bien avant la ventilation, et
effectue la circonscription ou l’isolation du feu en
priorité. Il est également très important d’inclure une analyse des
risques dans sa prise de décision, et d’identifier clairement
lorsqu’une action de ventilation précoce est une manœuvre plus sûre
et plus productive. Il y a des situations où évacuer les gaz de
combustion d’un compartiment/bâtiment sera beaucoup plus bénéfique
pour les occupants et les pompiers qu’une action d’isolation du feu.
Je me souviens de situations où les pompiers étaient de
l’impossibilité d’emprunter la cage d’escalier pour faire les
reconnaissances car l’exutoire n’avait pas été ouvert pour évacuer
fumée et chaleur. En d’autres occasions, j’ai du « courir »
après le feu alors qu’il se développait rapidement et se propageait
dans les combles. J’ai aussi connu des situations où trop de
ventilation ou une ventilation mal placée avait attisé le feu qui était
devenu incontrôlable et avait mis en danger des vies. Une étude
scientifique suédoise suggéra que le commandement pompier (à partir
de chef d’agrès) devait acquérir une compréhension totale de
l’augmentation de la pression à l’intérieur d’un bâtiment et de
la façon dont les gaz et fumées s’échappent des différentes
ouvertures selon les situations. Les causes de cette augmentation de
pression peuvent être réparties selon différentes catégories –
dilatation thermique inhibée – convection des gaz chauds – différence
normale de température entre l’intérieur et l’extérieur – vent
– ventilation mécanique. Il est aussi important de comprendre comment
les ouvertures pourront devenir des entrées d’air dès lors que la
pression intérieure se stabilise avec celle de l’extérieur. Enfin,
alors que la zone ventilée commence à être dégagée de la fumée et
des gaz de combustion, l’air va entrer et se mélanger avec les gaz
restants, ce qui pourra alors intensifier le feu. Il est possible
qu’une forme de flashover ou backdraft se produise à ce moment. Objectifs
Tactiques
Chaque
action de ventilation demande une réflexion basée sur une intention
– quel est l’objectif ? La ventilation opérationnelle
doit être basée sur les trois objectifs qui suivent : 1.
Ventilation pour la vie. 2.
Ventilation pour l’incendie. 3.
Ventilation pour la sécurité. Les
situations de ventilation pour la vie sont des situations où les
pompiers peuvent réaliser des ouvertures, ou casser des fenêtres, pour
créer des accès de l’extérieur afin d’effectuer des
reconnaissances initiales dans des zones à risque particulier en vue de
rechercher des victimes. Ces zones peuvent être des chambres à coucher
éloignées du feu, aussi bien que des pièces adjacentes au feu. Cette
approche est souvent appelée par les pompiers VER (Ventiler – Entrer
– Reconnaître). C’est une stratégie dangereuse mais qui peut se révéler
très efficace. Cette manœuvre de ventiler et entrer demande une grande
précision (ventiler la bonne fenêtre) et une anticipation
d’une propagation éventuelle. Une telle manœuvre doit être
communiqué au commandant des opérations de secours ainsi qu’aux équipes
engagées à l’intérieur si cela est possible. Il faut minutieusement
coordonner la préparation de la ventilation de manière à ce que
toutes les équipes sachent ce qui se passe. Il faut retenir que ce type
de reconnaissances intérieures doit être fait de la fenêtre vers la
porte, puis retourner vers la fenêtre. On ne doit jamais pénétrer
dans le couloir, on doit utiliser les fenêtres adjacentes pour répéter
l’opération d’accès et de reconnaissances. Les ouvertures sont
parfois réalisées au-dessus des escaliers de secours dans les bâtiments
de taille moyenne ou petite, pour alléger les conditions de fumée et
faciliter ainsi l’évacuation des occupants. Les
situations de ventilation pour l’incendie sont souvent mal
interprétées et une réflexion particulière doit être faite quant
aux objectifs à atteindre. L’objectif principal doit être d’améliorer
les conditions intérieures en réduisant la chaleur et améliorant la
visibilité. On croit souvent que les fenêtres dans la zone où
travaillent les pompiers doivent être ventilées – ce n’est pas le
cas ! La règle est de ventiler les fenêtre en avant de la lance
et près du feu, pour que les gaz de combustion puissent être évacués
du bâtiment en sécurité. C’est un fait que la plupart des feux de
compartiments sont contrôlés par la ventilation (l’apport
d’air), le feu recherche de l’air. Une pression négative (ex :
ouverture d’une fenêtre) attirera le feu vers la nouvelle arrivée
d’air, et si cette arrivée se trouve vers ou derrière les pompiers
cela est dangereux ! De plus, cette augmentation d’air va
permettre au feu d’augmenter en intensité, il va sûrement faire plus
chaud ! Par conséquent il est primordial que les pompiers aient un
débit à la lance suffisant pour gérer l’intensification du feu.
Enfin, il faut faire très attention à la force et la direction du vent
avant de créer une ouverture. Une ouverture sur la façade exposée au
vent peut rapidement pousser le feu vers les pompiers qui progressent ! La
ventilation pour la sécurité est réservée aux feux
sous-ventilés. Le feu peut se développer lentement à cause d'un bâtiment
ou d'une pièce bien isolé, et présentant une accumulation de fumées
chaudes dans cet espace confiné. Cette situation impose un respect des
procédures d'ouverture de porte. Il serait notamment judicieux de créer,
par l'extérieur, un exutoire en partie haute avant de pénétrer dans
le local. La
décision de créer des ouvertures dans un bâtiment en feu doit être mûrement
réfléchie puisque les conséquences seront irréversibles. Dans
certaines circonstances de telles actions se révèleront bénéfiques
puisqu'elles permettront d'évacuer les gaz de combustion. Dans d'autres
elles seront désastreuses puisqu'elles apporteront directement de l'air
au feu. Bien souvent l'entrée des pompiers dans le bâtiment créera
l'ouverture la plus dangereuse. Cette ouverture est considérée comme
une nécessité mais pas comme un élément du schéma de ventilation.
Or l'apport d'air induit par cette ouverture pourra attiser le feu et
lui permettre de se développer au-delà de la capacité d'extinction
initiale des premières lances. Les
ouvertures tactiques réduisent la fumée, baissent la température, empêchent
les flashovers et backdraft, bref facilitent les opérations de lutte
contre l'incendie. Toutefois, il est possible que ces mêmes ouvertures
entraînent des effets non souhaités et néfastes, causant une hausse
de température et une rapide intensification du feu, ce qui pourra
provoquer des flashovers, backdraft ou explosions de fumée. Ventilation
par les Fenêtres - Sûre ou Dangereux ?
Dès
qu'une fenêtre est ouverte par les pompiers le résultat immédiat est
une diminution des gaz de combustion de la pièce ainsi ventilée. Cela
relèvera la hauteur de l'interface air frais/fumée, en particulier
vers la fenêtre. L'apport d'air en résultant pourra avoir des conséquences
positives ou négatives. Cet apport d'air pourra permettre aux occupants
bloqués de respirer, tout comme il pourra attiser le feu. Une telle
arrivée d'air pourra également causer un flashover ou un backdraft (l'augmentation
des conditions de ventilation dans la pièce augmentera les pertes de
chaleur puisque plus de chaleur sera évacuée par convection. Toutefois
il y a des situations où la ventilation va permettre au feu de dégager
plus d'énergie qu'il n'est possible d'en évacuer par la fenêtre, et
cet « emballement thermique » causera un flashover). De plus,
la sortie des produits de combustion par la fenêtre peut baisser la
pression dans la pièce, ce qui aura pour effet "d'attirer"
des pièces adjacentes la fumée et la chaleur, voir le feu lui-même.
En général il y a une rapide amélioration des conditions de chaleur
et de fumée à proximité de la fenêtre, mais ça peut n'être que
temporaire. Les conditions ailleurs dans le bâtiment peuvent s'aggraver
à cause de cette ventilation. Il
y a des dangers associés avec la décompression rapide d’un bâtiment
en feu et cela peut faciliter la propagation du feu ainsi que des comportements
extrêmes du feu. Dans le numéro de janvier 2000 de Fire
Engineering Brian
White, capitaine au Fire
Department
of New York, exposa sa propre théorie sur un phénomène qu’il nomme backdraft
haute-pression. M. White pense que l’impact du vent sur un bâtiment
peut créer une surpression à l’intérieur, du fait de la pénétration
du vent par les ouvertures et interstices de la façade exposée. Il
suggéra que lorsqu’on créait un ouverture sur une autre façade du bâtiment,
le soudain relâchement de la pression accumulée aggravait parfois le développement
du feu en faisant circuler une grosse masse d’air à grande vitesse à
l’intérieur du bâtiment. Il décrivit plusieurs situations où la décompression
rapide d’un bâtiment causée par la rupture ou ouverture d’une fenêtre
entraîna une grosse augmentation de la combustion qui devint supérieure
à celle attendue de ce simple apport d’air. J’ai également
beaucoup écrit à ce sujet depuis 1992 (Fog
Attack), suggérant
que de grandes forces d’impulsion et d’inertie pouvaient être créées
par des pressions négatives qui se développent dans un bâtiment
durant un incendie. De telles pressions négatives existent souvent derrière
les pompiers qui progressent à l’étage d’un feu dans un immeuble
de grande hauteur, aspirant le feu hors de l’appartement pour se
diriger directement dans la cage d’escalier. Cette pression négative
peut être substantielle et est le résultat de l’effet de cheminée
naturellement présent dans la cage d’escalier. En
2001, lors d’un feu d’appartement en immeuble de grande hauteur à
Houston (TX) qui causa la mort d’un capitaine, le compte-rendu fut le
suivant : « Ils
sortirent de l’appartement et retournèrent vers le hall lorsque
l’accident survint, au moment où ils ouvrirent la porte de la cage
d’escalier. La cage d’escalier se transformât en une gueule féroce,
aspirant la chaleur et la fumée de l’appartement en feu. Jahnke et
Green furent immédiatement engloutis. La fumée leur supprima toute
visibilité et un courant d’air chaud les dépassa dans un
vrombissement. Les capitaines tentèrent de battre en retraite en
suivant la ligne guide hors de l’appartement jusqu’au hall d’entrée,
mais cette tâche fut compliquée par le chemin tortueux emprunté par
cette ligne guide. Le
violent changement de courant d’air entraîna une confusion en éloignant
la chaleur loin du feu. Hauck dit que Jahnke croyait qu’ils se
dirigeaient vers le feu, et ne s’en éloignaient pas, en
suivant la ligne guide »… En
juillet 1990, des pompiers du FDNY furent confrontés aux même effets (FOG
ATTACK-1992 p263) lorsqu’un feu au 51e étage de
l’Empire State Building créa une inversion de la fumée et des gaz
chauds alors que les pompiers arrivèrent en provenance de la cage
d’escalier ventilée. L’effet naturel de cheminée dans la cage
d’escalier, couplé avec un vent extérieur estimé en rafales à 100
km/h, causa la rupture des vitres extérieures, entraînant une
inversion qui précipitât feu, chaleur et fumée dans les escaliers
derrière les pompiers en progression. En
1988 une équipe de pompiers de Londres furent bloqués lors d’un feu
dans un immeuble de grande hauteur, en approchant à partir de la cage
d’escalier. Alors qu’ils attaquaient le feu dans un appartement F5
situé au 16e étage, l’ouverture de deux portes de cage
d’escalier à l’étage où était le feu créa une pression négative
qui renversa les courant d’air et entraîna les gaz chauds et le feu
dans la cage d’escalier. Le feu se propagea sur trois étages au-dessus
et deux étages en dessous ! Plusieurs pompiers furent brûlés.
Durant les années 1980 un tel incident entraîna le décès d’un
pompier britannique lors d’un incendie dans immeuble de grande
hauteur. Le
18 décembre 1998, une tragédie frappa le Fire Department of New York
à 7 jours de Noël et coûta la vie à 3 pompiers. A 4h54 Brooklyn
envoya un détachement pour un incendie au dernier étage du complexe
Starrett City, au 17 Vandalia Avenue. Ce complexe étendu est situé sur
la rive sud de Brooklyn. Le bâtiment de 10 étages mesurant 15m par 60m
est une résidence pour personnes âgées. « Lorsque le lieutenant
et les pompiers arrivèrent il se produisit un soudain changement de
direction de vent qui envoya dans l’appartement une rafale estimée à
50km/h, et ce qui entraîna une boule de feu de 2000°c dans le couloir. » Avec
le souvenir du décès des 3 pompiers toujours à l’esprit, les
pompiers de New York furent appelés pour combattre un incendie dans un
immeuble de grande hauteur à Manhattan Ouest. Cette fois, 4 civils périrent.
Ce fut une répétition du feu qui tua les 3 pompiers sept jours
auparavant. Le couloir et la cage d’escalier furent transformés en
une cheminée à 2000°c. En quelques minutes le feu sortait par les fenêtres
du 19e étage ; des panaches de fumée s’élevaient le
long de la façade de 51 étages. Contrairement au feu de Vandalia
Avenue, le bâtiment ne nécessitait pas de sprinklers dans les
communications intérieures, seulement un robinet d’incendie armé et
une colonne sèche dans la cage d’escalier. Beaucoup d’habitants des
étages supérieurs purent évacuer avant que la cage d’escalier ne
soit remplie de fumée. Mais 4 d’entre eux n’eurent pas le temps.
Entre le 27e et le 29e étage quatre personnes
furent intoxiquées. En
2001 plusieurs occupants furent sauvés par le toit à la suite de
l’incendie de leur tour. Les pompiers décrivirent que le feu
d’appartement fut aspiré dans la cage d’escalier, les obligeant à
se replier. Toutefois,
si les pompiers progressent avec une lance en eau dans une pièce où se
trouve le feu, alors une ouverture facilitera leur progression en évacuant
la chaleur et la vapeur vers l’extérieur. Un récent projet de
recherche mené par des scientifiques suédois démontre les effets prévisibles
de la ventilation par une fenêtre.
Une
action de ventilation par la fenêtre est modélisé et montre qu’après
2 secondes un courant de convection se forme avec de l’air (bleu) qui
pénètre une pièce sous-ventilée. La partie rouge représente les gaz
de combustion qui sont trop concentrés pour s’enflammer. La partie
verte montre une zone de danger où les gaz de combustion se mélangent
avec l’air entrant, formant ainsi une couche inflammable.
Juste
10 secondes après le début de la ventilation se crée une zone
inflammable (vert) vers le plafond, mais l’air frais est bien visible
en partie basse de la pièce. Cette situation peut mener à un
‘rollover’ si une source d’inflammation est présente. Il
y a une situation particulière où la ventilation a souvent des effets
désastreux. Il s’agit des bâtiments dont la porte d’entrée en façade
se situe de plain-pied, alors que la porte arrière menant à la cave en
contre-bas apparaît également comme étant de plain-pied. Quand
l’entrée par l’avant est suivie par une ouverture de la porte arrière,
il s’ensuit une propagation rapide de l’incendie. Généralement,
cela se produit lorsque les pompiers sont dans le bâtiment.
LA
MANŒUVRE DE VENTILATION OPERATIONNELLE LORS DE L’INCENDIE DE CHERRY
ROAD (Washington, DC Fire
Department)
DEMONTRE CES DANGERS
– RAPPORT
ICI (en anglais) Il
est essentiel de prendre en compte la direction du vent et ses conséquences
sur la propagation du feu. Ceci est particulièrement important lorsque
le vent entre par l’ouverture – un tel effet peut être utile ou
dangereux pour les pompiers à l’intérieur du bâtiment. Une autre
situation défavorable est créée lorsque les ouvertures de ventilation
sont faîtes dans une pièce adjacente à la pièce en feu. Lorsque les
courants d’air sont créés à travers la pièce en feu les conditions
de chaleur et de fumée vont s’améliorer ; mais lorsque le
courant d’air naturel se fait à travers une pièce adjacente les
conditions de température et de fumée vont augmenter dans les
deux pièces. Souvenez
vous : dans n’importe quelle situation, quel est l’objectif
de la création de l’ouverture ? Une diminution temporaire de la
chaleur et la fumée va se produire vers l’ouverture, mais si cette
zone n’est pas en avant des pompiers en progression… réfléchissez-y
à deux fois ! Si c’est pour créer un point d’entrée pour les
pompiers évaluez les risques et appliquez le test de l’objectif
– y’a-t-il un meilleur point d’entrée ? Quelles seront les
conséquences de cette ouverture ? Lecture
recommandée - RAPPORT
SCIENTIFIQUE SUEDOIS (en anglais) Ventilation
par le Toit – Une Option Viable ?
Frank
Montagna (Battalion Chief à New York) décrit l’approche que nous
devrions avoir de la ventilation par le toit : A
New York nous ne ventilons pas les toits en pente des maisons
individuelles durant les premiers instants du feu. Nous préférons
utiliser les hommes disponibles pour attaquer le feu et effectuer des
reconnaissances intérieures et la recherche de victime. Les renforts
effectueront la ventilation par le toit si nécessaire. Dans
les maisons à toit plat et charpente bois nous opérons une ventilation
par le toit dès notre arrivée car cela diminue grandement la fumée et
la chaleur à l’intérieur, permettant ainsi des reconnaissances et
une attaque intérieure rapides. Dans
les immeubles d’habitation nous ouvrons rapidement l’exutoire de la
cage d’escalier. Cela limite la propagation du feu, améliore les
chances de survie des victimes, et permet des reconnaissances et une
attaque intérieure rapides. Si
le feu est au dernier étage d’un bâtiment avec charpente bois, nous
découpons la zone située au-dessus du feu pour éviter la propagation
dans les combles. Si le feu se propage aux combles nous découpons une
tranchée dans le toit pour positionner des lances et arrêter le feu. Pour
les bâtiments de commerce en structure métallique et bardage, il n’y
a pas d’utilité à couper le toit. Nous ouvrons les exutoires et
effectuons une ventilation horizontale. Les dangers accompagnant la découpe
de ce type de toit dépassent largement les bénéfices. Il en est de même
pour les toits en dalles de plâtre, il est trop dangereux de les découper. Nous
rencontrons de plus en plus de charpentes et planchers légers en bois
ainsi que des fixations légères de charpentes en métal C. Les
structures légères en bois cèdent très tôt dans l’incendie, et
les fixations en métal C se ramollissent dès qu’elles sont exposées
à la chaleur du feu. Par conséquent il n’est pas judicieux de découper
une structure ayant ce genre de fixations. Le problème est que
nous savons rarement que de telles fixations sont utilisées. Il n’y a
aucun indicateur de la présence de charpentes légères ou de fixations
en métal C. La première indication sera malheureusement l’écroulement
du toit sous le poids du pompier chargé de la découpe. Nous essayons
de recenser ces bâtiments et d’inclure ces informations dans les
tickets de départ en intervention. Les
toits bitumés posent également des problèmes à cause de leur capacité
à rapidement propager le feu (des pompiers se sont fait ‘chassés’
de ces toits par la propagation rapide du feu). De plus, il est
difficile de découper des toits en béton. Pour
nos types de bâtiments et de construction, et en utilisant nos manœuvres
de reconnaissances et d’attaque intérieure rapides, la ventilation
par le toit se justifie. Elle est aussi dangereuse que pénétrer dans
un bâtiment sans lance en eau, et les bénéfices sont souvent
importants (sauver des vies). Le pompier chargé de la découpe du toit
doit être expérimenté et bien formé. Ventilation
par Pression Positive - VPP
L’utilisation,
par des pompiers expérimentés et formés, de la Ventilation par
Pression Positive (VPP) après un incendie s’est révélée efficace
et sûre pour évacuer la fumée et les gaz toxiques de la structure,
facilitant ainsi les opérations de déblai. L’utilisation de la VPP
durant l’attaque permet d’améliorer les conditions pour les
pompiers en accroissant la visibilité, évacuant rapidement la fumée
et les gaz toxiques et abaissant la température dans le bâtiment.
Toutefois cette utilisation de la VPP en phase d’attaque (ce qui est
de la ventilation opérationnelle) requiert un niveau élevé de
formation et une compréhension exhaustive du comportement du feu, de
l’aéraulique et du transport des gaz de combustion à l’intérieur
d’une structure. Avant d’utiliser la VPP durant l’attaque il est
impératif de savoir où le feu est situé, de l’avancée de son régime
de combustion (ex : phase de croissance, entièrement développé,
phase de décroissance) et si le feu est sous-ventilé (caractéristique
d’un volume en feu clos ou semi-clos). Lorsque
le feu est sous-ventilé ou lorsqu’on observe des signes précurseurs
d’un backdraft la VPP ne doit pas être utilisée si la bâtiment est
encore occupé. L’apport d’air dans un feu sous-ventilé peut déclencher
un backdraft, une explosion de fumée, voire un flashover.
On peut initier la VPP si le feu a atteint un régime de combustion entièrement
développé et qu’il est contrôlé par la ventilation. Toutefois les
pompiers doivent garder à l’esprit que le flux d’air du ventilateur
peut créer une augmentation des gaz de combustion et des vapeurs
toxiques dans les compartiments : les revêtements surchauffés des
murs et plafonds ainsi que les braises peuvent se combiner à
l’important apport d’air pour créer des conditions dangereuses. Les
pompiers doivent également comprendre comment les mouvements d’air
dans les cages d’escalier et les couloirs peuvent créer des pressions
négatives qui pourraient ‘aspirer’ feu, fumée et gaz dans ces
espaces. Le potentiel de propagation du feu dans d’autres zones où
des éléments de la structure on été détruits reste un problème, et
la VPP doit être combinée à l’utilisation de caméras thermiques
pour surveiller une telle propagation dans les gaines techniques et
autres espaces. Le positionnement d’exutoires correctement dimensionnés
sont bien-sûr l’un des principaux facteurs de réussite de la VPP. Une
adaptation récente de la VPP durant l’attaque y adjoint des tactiques
d’isolation. Cela entraîne la création de « zone sûres »
en confinant le feu et en ventilant les autres compartiments avant de pénétrer
dans le compartiment en feu. Par exemple, lorsqu’une équipe progresse
et localise une pièce en feu derrière une porte close ils peuvent décider
de ventiler le reste bâtiment par VPP pour évacuer les fumées et gaz
avant de pénétrer et procéder à l’extinction. Ventilation
opérationnelle ou tactique d’isolation ? Deux options qui
offrent chacune des bénéfices majeurs pour le pompier. Le choix dépend
d’une juste évaluation des risques en comparant les risques
potentiels avec les bénéfices probables et en appliquant le
test des objectifs comme décrit ci-avant. Dans certaines situations
la ventilation précoce dépend principalement de la disponibilité de
ressources adéquates, tant humaines que matérielles, pour que
l’action soit sûre et efficace. Pour effectuer une ventilation des
procédures doivent exister, et les pompiers doivent pouvoir rapidement
accéder au toit grâce à des moyens aériens. Lorsque les outils de découpe
ne sont pas disponibles il est souvent possible d’utiliser les
ouvertures existantes (ex : exutoires) pour ventiler pour la
vie. FORUM
DE DISCUSSION - FDNY & VENTILATION OPERATIONNELLE - ICI!
(en anglais) Traduction :
Lieutenant Mathieu Perrin, CSP Lens (SDIS 62)
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